Loin de la notion d'opposition propre à l'escrime sportive, l'escrime de spectacle mise sur le partenariat. Ensemble, les partenaires élaborent une passe d'armes esthétique simulant un combat à l'épée médiévale, l'épée de cour, la rapière, le fleuret, etc. L'escrime de spectacle est une activité proche de la cascade et de l'art (comédie, expression corporelle, théâtre, cinéma...); aussi, cette discipline est-elle communément appelée escrime artistique .
Il n'existe pas de terme officiel pour désigner le pratiquant. Celui qui revient le plus souvent est « bretteur », mot employé au XVIIème siècle pour désigner une personne qui aime les jeux de l'épée. Ce terme aura une connotation péjorative au XVIIIe siècle.
L'escrime de spectacle est une simulation de combat et contrairement à l'escrime sportive, la touche est évitée. La passe d'arme doit faire illusion et doit être crédible. C'est pourquoi les techniques, qui diffèrent selon les armes choisies, s'inspirent d'anciens traités d'escrime, mais sont retravaillées à la fois pour des motifs de sécurité et de lisibilité par le public.
Cette escrime s'applique au théâtre, au cinéma et dans les spectacles vivants. Le cinéma permet de multiplier les angles de vue et d'accélérer le combat par le jeu du montage. Il autorise la répétition du geste. Théâtre et spectacle vivants ne permettent pas l'erreur et imposent une préparation très rigoureuse. Un numéro de quelques minutes demande des mois de préparation et d'entraînement.
Comme pour beaucoup d'arts et d'arts martiaux, les déplacements et l'équilibre sont primordiaux. Nous trouvons les déplacements linéaires, bases de l'escrime sportive: la marche, la retraite, les balestras, les bonds arrière, les passes avant et arrière et la fente. A cela s'ajoutent les déplacements latéraux et circulaires: les passes à droite et à gauche, les bonds et les voltes.
L'esquive est l'art de déplacer les lignes du corps (cibles) afin d'éviter d'être touché. Une esquive peut être basse, haute ou latérale.
Il est difficile d'énumérer les nombreuses armes de l'escrime artistique. Généralement, l'arme est choisie en fonction du contexte de la passe d'armes. Par exemple, si le combat trouve son cadre au XVIème siècle, la rapière aura de fortes chances d'être utilisée. Pour d'autres situations et d'autres temps, le choix des armes peut varier de l'épée médiévale au bâton en passant par l'épée de cour, la rapière, la dague, la canne, le katana, le messer, etc.
Bien que généralement les armes soient des reproductions assez exactes de ce qui était utilisé autrefois, elles sont neutralisées afin d'éviter les accidents.